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INSÉMINATION ARTIFICIELLE |
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PRODUCTION ET EXPORTATION DE SPERME GONGELE DE BELIERS DE LA RACE BRUN-NOIR DU PAYSASPECTS TECHNIQUES, ECONOMIQUES ET ADMINISTRATIFS PREMIERS RESULTATS 1) Introduction
L’association suisse du mouton brun–noir du pays (ASSBNP) veut promouvoir le développement de cette race ovine, dont les qualités très « modernes » sont appréciées dans le pays et hors de nos frontières, par le développement des exportations entre autres de sperme congelé destiné à l’insémination artificielle. Une source additionnelle de revenus serait ainsi créée pour les éleveurs du brun – noir du pays (BNP). La société paraétatique Agroservices à Tunis, nous a soumis un appel d’offre en avril 2006 pour la fourniture de 1000 doses de sperme de béliers BNP. Satisfaire cette demande de sperme congelé nous a semblé d’autant plus importante, que des relations commerciales existent avec la Tunisie depuis bientôt vingt ans, suite notamment à des exportations de béliers vivants. Ces exportations ont eu lieu à plusieurs reprises et ont donné pleine satisfaction à Agroservices ainsi qu’aux exploitations agricoles gérées par les services de l’Etat. (voir encadré 1, en fin d'article) Pour des raisons sanitaires et économiques, le passage à l’IA constitue une suite logique des démarches déjà entreprises. Si le « client » tunisien s’intéresse à notre race BNP, c’est non seulement pour ses qualités zootechniques mais aussi pour sa couleur. En effet, la mélanine, liée génétiquement à la race, protège les moutons des limping skin diseases (infections de plaies dues aux brûlures des rayons solaires, en particulier chez les herbivores qui consomment beaucoup de millepertuis, ce qui augmente leur photosensibilité), fréquents en Afrique du Nord. La production de sperme ovin BNP est une première en Suisse alors qu’elle est courante pour les bovins et les caprins. Acquérir la technique, éprouver la méthode, connaître et évaluer les risques tant techniques qu’économiques constituent aussi un objectif de cette opération, sachant qu’il existe des potentiels nationaux d’exécution avec, par exemple, la Faculté vétérinaire de l’Université de Zurich. La promotion et la vente future de sperme congelé, non seulement au client tunisien qui envisage déjà une nouvelle importation, mais aussi à d’autres clients étrangers qui se sont manifestés et aussi nationaux, semblent importantes. En effet, avec l’apparition d’épizooties comme la langue bleue, les besoins en IA pourraient s’avérer indispensables à court, voire à moyen terme.
Pour pouvoir produire et exporter des semences ovines, les conditions sanitaires stipulées dans les dispositions légales doivent être remplies, notamment : Le pays producteur doit être indemne des maladies mentionnées dans la liste A de l’OIE. (Organisation Mondiale de la Santé Animale). C’était le cas en 2007, il n’est pas certain que la Suisse satisfasse actuellement encore à ces exigences. Le centre d’insémination artificielle
doit bénéficier d’un agrément sanitaire
et répondre aux conditions (Code sanitaire de l’OIE, édition
2006, annexe 3.2.2.1, semence de petits ruminants), à savoir, notamment
: pas de fièvre aphteuse depuis trois mois dans un rayon de 10
km de ce centre, ni pendant les trente jours qui suivent la collecte.
Or un tel centre n’existe pas en Suisse, ceux destinés
aux bovins ou caprins ne convenant pas. Par ailleurs, pour chaque
campagne de prélèvement de sperme, une solution
ad hoc doit être trouvée et approuvée par l’Office
vétérinaire fédéral et contrôlée
par le service vétérinaire cantonal. Les béliers doivent être en quarantaine au centre d’IA durant les trente jours qui précèdent et les trente jours qui suivent la collecte, soit, période de monte comprise, un minimum de 70 jours jusqu’à 100 jours. Durant cette quarantaine, les animaux ne peuvent faire aucune monte naturelle et doivent être entretenus par un personnel restreint n’ayant pas de contact avec d’autres ovins. Toutes visites sont interdites. Les béliers producteurs de semence doivent être soumis entre 28 et 60 jours après la dernière prise de sperme à une épreuve de recherche des anticorps spécifiques du groupe de virus de la fièvre catarrhale du mouton. Un résultat positif annulerait l’exportation. La production et présentation des semences répondent aux exigences suivantes : Les semences sont conditionnées en paillettes de 0,5 ml identifiés (donneur, date de l’éjaculation). Chaque dose comprend au moins cent millions de cellules. Le % de cellules vivantes après décongélation dans de l’eau à 37° C durant 20 secondes est au moins de 40. Les antibiotiques ainsi que leur concentration dans le diluât sont indiqués au client. Pour parvenir à ces résultats, il faut disposer du matériel de testage, contrôle, conditionnement et congélation. De plus, il faut compter avec une certaine dextérité (compétences méthodologiques vérifiées). Le Dr Janett de l’Université de Zürich détient le tout y compris un véhicule laboratoire équipé. Le container d’azote liquide pour le transport doit avoir une autonomie de 90 jours. Un tel équipement est relativement cher et ne se justifie que pour des envois d’au moins 2000 paillettes. A l’intérieur du container, les paillettes sont rangées selon un plan de chargement qui tient compte non seulement des donneurs mais aussi des éjaculats. La production de sperme et la qualité
des éjaculats varient selon les individus et dans le temps.
Il faut compter avec au moins 10 % d’animaux de réserve pour
palier aux donneurs déficients. C’est surtout la résistance
à la congélation (contrôle de mobilité) qui
fait parfois défaut. L’expérience ainsi que la littérature
scientifique (notamment écossaise) en la matière, ont montré
que les béliers doivent sauter deux fois de suite toutes les 48
heures pendant un maximum de 10 sauts doubles soit une campagne de 18
jours. Les conditions zootechniques requises pour les animaux donneurs, dans tous les cas de la part des Tunisiens sont les suivantes : L’offre technique devait comprendre en plus des CAP des géniteurs, la dernière édition du catalogue officiel des index des géniteurs pour l’année en cours, un certificat officiel attestant que chaque géniteur n’est pas porteur de gènes récessifs pouvant engendrer des anomalies ou des maladies et un certificat donnant pour chaque géniteur son groupe sanguin ou son typage ADN. Ces documents n’étant pas établis en Suisse à ce jour, il a été tiré profit du CAP (certificat d’ascendance et de productivité), lequel peut pallier cette lacune si on explique son contenu et sa signification. Nous avons donc expliquer pourquoi nous ne travaillons qu’avec les CAP, puis détailler par le menu toutes les informations qui y figurent. Quant aux groupes sanguins ou typages ADN, ils pourraient être effectués sur les animaux retenus pour la production de spermes et se trouvant en production. Agroservices a accepté nos propositions et finalement une quinzaine de béliers susceptibles de produire les doses demandées ont été proposés. Les Tunisiens ont sélectionné huit béliers (plus deux « réserve ») en tenant compte particulièrement de la descendance contrôlée de chaque individu. L’Office de l’Elevage et des Pâturages tunisien, confirme la commande, mais malgré les explications fournies, insiste pour obtenir trois attestations complémentaires à savoir : « Béliers améliorateurs pour le GMQ », « Béliers améliorateurs pour la prolificité » et « Béliers améliorateurs des critères de production viande ». Sur la base des indications fournies par les CAP des animaux retenus, ces attestations seront établies, visées par l’Ovine suisse et envoyées à Tunis. On remarque alors que les conditions de suivi génétique et surtout de productivité du cheptel ovin suisse sont très différentes de celles appliquées dans les autres pays, entre autre ceux de l’ Union Européenne. A noter que la façon suisse de procéder aux suivis des animaux, constitue certainement un handicap sérieux à l’exportation d’animaux de reproduction. Les conditions financières et commerciales pour l’exécution d’une telle opération font appel aux diverses conditions mentionnées ci-après: L’association ASSBNP peut mandater un ou plusieurs de ces membres pour exécuter l’opération. Il faut disposer d’un no. BDTA, d’un no. TVA ( bien que pour l’exportation, on n’est pas soumis à cette taxe), d’une licence ouverte d’exportation, à défaut d’une collaboration avec Swissgenetics pour accomplir les formalités douanières et d’envoi du container ainsi que d’un compte bancaire dans une grande banque permettant un trafic international direct. Une opération de production et d’exportation de sperme congelé se fait sur appel d’offre. Cette dernière doit spécifier en plus des prix, des dates de livraison, toutes les requêtes techniques et les moyens de contrôle et certification exigés. Des contrats de sous-traitance seront alors passés avec le centre de quarantaine qui assure l’entretien et la manipulation des béliers et l’entreprise exécutant les prélèvement et conditionnement du sperme. Pour chacun des partenaires les risques et responsabilités seront clairement définis. Compte tenu du montant présumé de l’offre, de la durée d’exécution de l’opération et surtout du fait de la bonne connaissance du client avec lequel les affaires se sont financièrement toujours bien passées, l’utilisation d’une lettre de crédit irrévocable n’est pas nécessaire. Ce ne serait pas le cas avec un nouveau client et surtout pour une demande « classique » de plusieurs milliers de doses. Les prix des paillettes de sperme congelés
d’ovin, faute d’existence en Suisse ne sont pas connus. En
France, se sont surtout des spermes frais qui sont utilisés sur
les ovins laitiers dans le Sud Ouest. Les coûts, insémination
comprise, varient en fonction du nombre d’IA pratiquées simultanément
dans l’exploitation et surtout de la valeur génétique
du bélier utilisé. De plus le coût de l’IA est
fortement subventionné par les pouvoirs publics, à tel point
qu’aucune extrapolation n’est possible. En Ecosse, les spermes
congelés sont utilisés plus particulièrement pour
la production d’embryons et leur coût est inclus dans la campagne
de transfert. Un devis estimatif idéal qui optimise les capacités techniques a été dressé pour 20 béliers, 100 jours en centre, 10 000 paillettes produites. Il est résumé ci dessous :
Les Tunisiens ont passé commande en 2006 seulement pour 1000 paillettes. Au prix de 10.- l’unité avec un grand nombre de béliers, l’exécution de la commande n’était économiquement pas possible. Nous avons essayé d’augmenter le nombre de paillettes à 2000, mais nous n’avons obtenu que 1200 pièces, car dans un premier temps il n’y avait pas assez de brebis receveuses à disposition (voir encadré 2). En discutant avec le Dr Janett de l’Université de Zurich, ce dernier, intéressé par l’opération, ne nous a pas facturé ses honoraires, nous demandant exclusivement le coût des matériaux et de déplacement, soit 4.40 CHF par paillette produite. Malheureusement d’un autre côté, les
renseignements sur les coûts des analyses n’étaient
pas correctes, et suite au double démarrage d’abord à
Sommentier puis à Middes, des analyses ont du être répétées.
Des frais additionnels de location et d’affouragement s’y
sont ensuite ajoutés, tant et si bien que l’opération
est devenue déficitaire.
Au niveau de la Suisse, l’opportunité économique reste de mise, pour autant que tous les prestataires suisses atteignent un niveau de compétences et de suivi du troupeau BNP suffisant, notamment en matière de zootechnie.
La race noire de Thibar (encadré 1) Le développement de la race a rapidement gagné toute la région, en raison notamment de ses qualités nouvelles et de son aptitude à l’élevage tant au sein des éleveurs locaux qu’en exploitations agricoles d’envergure pratiquant les grandes cultures, les cultures fourragères, le pâturage itinérant, voire la production laitière. Sur demande des services de l’Etat, des béliers BNP provenant des cantons de FR, BE, JU ont été exportés depuis 1987 et introduits dans les exploitations agricoles propriétés de l’Etat. Faute de plans d’élevage dûment définis, on observe actuellement un nombre élevé d’animaux croisés, tant mâles que femelles et ces animaux sont accouplés entre-eux. Les produits croisés constituent aujourd’hui les générations F2 et F3 des premiers béliers BNP exportés.
Peu d’éleveurs pratiquent aujourd’hui un croisement d’absorption ou un croisement retour ; cela est du en particulier à la forte demande d’agneaux croisés commercialisés à 30 – 35 kg PV tout au long de l’année et lors des fêtes traditionnelles tunisiennes..
Le cheptel se compose de plus de 70'000 individus adultes
dont 2/3 sont détenus dans de grandes exploitations agricoles (200
–500 ha SAU), propriétés de l’Etat et exploitées
par des sociétés d’éleveurs, d’agriculteurs
et de techniciens placées sous la responsabilité d’un
directeur général. Les animaux issus de ces grandes exploitations
sont identifiés, marqués et leurs performances contenues
dans un index de performance (accroissement journalier, poids, etc). Pour leur part, les petits troupeaux, moins de 30 têtes, tous âges confondus divaguent le long des routes. Ces petits troupeaux représentent quelque 15'000 individus et sont rarement conduits en races, souvent croisés avec une autre race locale, la Barberine à queue grasse ou fine.
Les structures agricoles de la Tunisie assignent aux services vétérinaires de l’Etat l’introduction et l’application de l’IA en milieu ovin. Les plans de développement et les objectifs d’élevage sont fixés par l’Office de l’élevage et des pâturages. Par voie de conséquences, seules les grandes exploitations agricoles – souvent propriétés de l’Etat – sont concernées par l’insémination artificielle en frais pratiquée depuis quelques années tant en race noire de Thibar qu’en race Barberine et surtout pour les races laitières comme la Sardo -Sicilienne. Les services vétérinaires choisissent les béliers reproducteurs qui sont mis en centres d’insémination où sont effectués les prises de sperme. La pratique de l’insémination par voie cervicale de sperme frais est assez courante.
La technique faisant appel à de la semence congelée est relativement récente et requiert une technicité élevée. Préparation spécifique des femelles à inséminer, matériel et équipement vétérinaire adéquats, technique de décongélation, insémination par laparoscopie dans les cornes utérines, etc.
En comparaison de la méthode cervicale, le taux de non-retour est de 20 à 30% supérieur. Toutefois on ne dispose, pour l’heure, que de résultats provisoires. Ainsi, l’utilisation de la semence congelée devrait se limiter aux grandes exploitations de pointe qui pratiquent une sélection ovine clairement définie et suivie. |
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